Constat

Publié le par Yann

Avant de commencer cet article, j’aimerais simplement indiquer ma certitude que beaucoup de situations sont bien pires que la mienne. Néanmoins, j’ai besoin d’écrire sur ce que j’ai vécu et qui se terminera d’ici quelques jours maintenant. Alors que je me réjouissais de venir vivre et travailler dans le pays d’une partie de mes ancêtres pendant 4 mois, mon sourire a vite disparu lorsque j’ai rencontré mes colocataires, le 20 septembre. Après quelques semaines à prendre mes marques dans la maison et dans l’entreprise, j’ai vite compris que mon stage ne serait pas à la hauteur de mon expérience en Pologne.

 

Colocataires qui prennent les gens de haut, qui marchent bien droit, qui n’ont d’humour que le leur, collègues qui vous ignorent ou bien vous considèrent, par votre statut de stagiaires comme le préposé aux tâches inintéressantes, je n’ai pu compter que sur moi, mes souvenirs, mes amis, mes rêves… Mon avenir.

 

Bien sûr il y eut de bons moments, quelques rigolades, quelques confessions. La meilleure expérience aura surement été notre virée à Limerick et dans le Burren au cours d’un week-end de trois jours.

 

Mais vous savez, il y a ce que les gens vous disent et ce que les gens disent aux autres, ce qui dans ce cas altérait toute la situation. Les murs ont des oreilles et l’on entend efficacement ce que les gens disent de vous ou pensent de vous. Pas étonnant que je ne crée plus de liens avec mes colocataires, y compris celle qui s’estime « plus adulte que [v]ous ». Oui, je cite. Je n’ai rien à prouver alors je l’ai laissé pensé ça, tandis que je commençais à apprendre le polonais par moi-même.

 

Oui, c’est bien l’apprentissage du polonais qui m’a fait tenir si longtemps, à supporter l’absence de relation sociale. Mes amis aussi, bien sûr, mais l’éloignement ne réconforte que peu tandis que l’amélioration de mon niveau de polonais, lui, était presque palpable.

 

Quant aux deux autres colocataires… L’une ne s’intéressait à moi que pour mieux me raconter sa vie. Alors quand on n’est pas écouté au départ, l’on n’écoute pas en retour. Y’a pas de secret. L’autre, un garçon d’un an mon ainé, l’autrichien, était plus que sympathique. Heureusement que LUI était là malgré certains comportements.

 

Aujourd’hui, il ne me reste plus que trois jours à tirer. Et plus que quelques heures avant la fin de mon stage, aujourd’hui à 17h. Alors que certains ont ou auront des attentions particulières pour leur départ, je souhaite et je pense ne rien avoir de spécial ce soir. M’en aller en toute discrétion, sans saluer personne m’ira très bien, puisqu’au moins l’hypocrisie ne sera pas présente : contrairement à certains adieux dont j’ai été témoin ici.

 

Je demande pardon à l’Irlande et aux milliers d’irlandais sympas pour la haine que je porte à Skibbereen, myguideIreland et ses employés. En quatre mois, je n’ai été proche de personne tandis qu’en Pologne, des dizaines d’amis m’ont soutenu, m’ont écouté, m’ont aidé. D’ailleurs, ce comportement polonais envers les étrangers m’a changé dans ce sens et je ne peux que juger plus durement les irlandais.

 

Dans un pays où les étrangers pullulent, les autochtones les ignorent. Dans un pays où les étrangers se font rares, les autochtones prennent soin d’eux. C’est cette dure conclusion à laquelle me mène cette situation – dure notamment car elle s’applique à la France. La Pologne a prit soin de moi, l’Irlande m’a ignoré durant 4 mois et je n’ai pas appris grand-chose…

 

Je n’ai que peu de regrets professionnels mais celui-ci en est un et je ne recommencerai cette expérience pour rien au monde.

Publié dans Le Stage

Commenter cet article

Valy 21/01/2011 17:42



Eh bah... Bien du courage pour ces trois derniers jours copain! Au moins tu partira sans regret. Bise



Mr_Mechant 21/01/2011 13:20



Pas de bol, c'est ce genre d'expérience dans une ville qui donne une mauvaise impression sur tout un pays.


T'aurais du faire un stage "farmer"